13 mai 2011

Laurent le Magnifique

wauquiez- Allo, mon cher Laurent !
- Monsieur le Président !
- Mon cher Laurent, si je t'appelle personnellement, c'est que j'ai un petit service à te demander.
- Monsieur le Président, je serais très heureux de pouvoir ...
- Bon, mon cher Laurent, tu n'es pas sans savoir que les marinistes, comme les appelle Collard, gagnent du terrain, et qu'une partie de notre noyau de la vraie droite commence à loucher sur la blonde. Il faut donc agir, vite et fort. Toi, mon cher Laurent, tu es jeune, tu as une longue et brillante carrière politique devant toi, tu vas pouvoir nous aider.
- Bien sûr, Monsieur le Président, comment puis-je ...
- Tout simplement ! Tu vas t'attaquer au RSA ! Bien sûr, tout le monde te tombera dessus, de l'extrême gauche aux centristes, les socialistes, évidemment, jusqu'à la droite cureton, genre Fillon, Hirsch fera son abbé Pierre à la télé, etc, ça sera impeccable. Tu feras ça très bien. Buisson te donnera les éléments de langage, genre "assistanat - cancer de la société", etc ...
- Mais, Monsieur le Président, excusez-moi de vous interrompre, mais j'ai créé mon club de réflexion la "Droite sociale" il y a un an tout juste dans le but de vous soutenir dans votre effort d'une meilleure répartition des richesses, d'une moralisation du capitalisme comme vous le disiez si bien, comment pourrai-je être crédible en ...
- Mon cher Laurent, je vois que tu es encore jeune et plein d'idéalisme, c'est bien et je t'en félicite, mais parfois en politique il faut aussi savoir faire des sacrifices, c'est comme dans la vraie vie ...
- ?! 
- Donc, je t'explique la suite : Après la première vague de cris d'orfraie, tu persistes et signes en déclarant que tu n'exprimais que tout haut ce que les français pensent tout bas. Et voilà le vrai message, car le président de tous les français c'est moi, et tout ceux qui pensent que je n'ai pas le courage de poser les vraies questions et qui s'apprêtent à nous doubler par l'extrême droite, comprendront qu'ils peuvent toujours compter sur nous. Les autres et les journaleux, ça les occupera pendant une semaine, c'est toujours ça de pris.
- Mais, Monsieur le Président ...
- Quoi encore ?
- Vous pensez que je suis bien placé pour mettre en cause les aides sociales pour les plus défavorisés, moi qui n'ai jamais manqué de rien ? Ils vont tous me traiter de fils à papa ...
- Mais non, ils peuvent pas t'attaquer là-dessus ! Ils peuvent pas prétendre que c'est pas la faute des pauvres d'être pauvre, et accuser les riches d'être riches! Ca serait pas logique ! Et tu veux quand même pas que je demande à Guéant ou à Besson ? Ils sont grillés, eux, plus personne ne les prend au sérieux. Et puis, il est où le problème ? DSK est bien socialiste, ça ne gêne personne, ça !
- ?!?  
- Bon, pour finir, on va laisser fuiter dans le Canard que j'aurais fait une grosse colère contre toi, tu fais profil bas pendant un mois et le tour est joué. Dans tous les cas, tu peux compter sur moi, après les élections de 2012 je te revaudrai ça, et je vais te dire, ceux qui te laisseront tomber parce que tu as dit tout haut ce que je pense tout bas, ce ne sont que des naïfs qui n'en valent pas la peine. Des questions ?
- Non, Monsieur le Président, au revoir et merci pour votre confiance.

Posté par Parkane à 10:38 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Laurent le Magnifique

  • Le bois de loupe habille aussi les porches.

    oui , mais plus : pour endiguer la "montée aux extrêmes" il convient d'établir des centres de gravité et de par hypothèse ici (légitime ou non) de gravité.
    La gravité de l'assistanat n'est pas contestable en tant que telle, (et c’est aussi une majeure établie de fait comme juste du syllogisme que nous développerons pas maintenant ). ; la mise en centre de gravité pour sa part est bel est bien « une manœuvre » qui transfigure votre analyse individuelle en une constatation d’un mouvement collectif , c’est à dire un passage du pouvoir parcellaire à un pouvoir total auquel correspond la guerre totale. Ce qui frappe c’est que vous raisonnez en machiavélien (paradoxe ! ? !) alors qu’il faudrait peut être plutôt comprendre en Clausewitzien. Ce qui frappe c’est combien la pollution de la média politique du one man show oblitère – oblitère - cher ami, même à votre inssue la réalité des évolutions structurelles et de masses.

    Posté par ouanda, 13 mai 2011 à 15:21 | | Répondre
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