06 septembre 2008
Demandez nos anti-médidations !
Echantillon du 6 septembre :
Les seuls moyens d'éviter des conflits, c'est d'inspirer suffisamment de peur, ou de ne représenter aucun intérêt.
02 juin 2008
Anti-médidations Janvier
1er janvier
Naître homme ou femme ou tortue est chose aussi facile que pour une feuille d'érable de lâcher sa branche, de tanguer dans la brise et de se poser à la surface.
2 janvier
Vivons sans illusions ! Du temps de nos aïeux déjà, la condition humaine, sans liberté et sans privilèges, fut difficile à porter.
3 janvier
La vie est forte, irrésistible, à l'image du brin d'herbe qui perce le bitume de l'autoroute sans se douter qu'aucune vache ne pourra venir à sa rencontre.
4 janvier
Ce corps est bien trop imparfait. A l'image de l'esprit dont il est l'habitacle.
5 janvier
Quand aurai-je enfin réussi à me débarrasser de toutes ces croyances qui me font croire que je sais ?
6 janvier
Aujourd'hui, accordons-nous le droit au ratage.
7 janvier
Usons du mensonge pour nous débarrasser des fâcheux.
8 janvier
Tels les arbres dont les sommets servent d'aires de repos aux oiseaux de passage et qui restent plantés là, quand l'aube disperse leurs hôtes, les phénomènes sont ancrés dans la matière.
9 janvier
Il n'y a rien qui soit évanescent. Le monde est sans cesse. Et ce qui a été, sera, à jamais.
10 janvier
La matière est un principe de confrontation. Quand notre petit orteil heurte le pied du lit, nous créons la réalité.
11 janvier
Notre conscience pourrait se résumer ainsi : "Toute la réalité à chaque instant."
12 janvier
Nier la réalité de nos illusions est comme rêver la folie sans camisole.
13 janvier
La conscience du non-changement, couplée avec la prise en compte du gâchis de l'existence humaine, nous confère un solide sens de l'humour.
14 janvier
Le moment de notre mort est prévisible, entre tout de suite et dans longtemps.
15 janvier
Comme l'aubergiste qui s'ennuie derrière le comptoir, ainsi l'être qui exerce le métier de l'existence séjourne dans l'attente, - du client et de l’heure de la fermeture.
16 janvier
Cet outil, notre corps, serait bien incapable de servir pour une deuxième vie, même en y faisant très attention.
17 janvier
Comme un vêtement s'enrichit avec le temps de notre affection et de nos formes, notre vie s'enrichit de nous-mêmes de jour en jour, seconde après seconde, ride après ride.
18 janvier
La vie est comme une montagne ...
Il faudra plus d'un toujours pour effacer nos traces dans la terre glaise de ses flancs.
19 janvier
Le nombre d'instants qui décomposent une vie est infini.
20 janvier
Si nous étions vraiment malins, nous arrêterions de chercher notre avenir dans le futur.
21 janvier
La maîtrise de soi n'est que prétexte à paresse.
22 janvier
Nous vivrons tous un jour, ce n'est qu'une question de temps. Certains d'entre nous vivront de leur vivant, d'autres devront se contenter de la mémoire de ceux qui leur survivront. Et pour certains la vie se limitera à quelques lignes dans un registre d'état civil rangé dans la cave de la mairie de la commune de leur naissance.
23 janvier
Le jour de votre naissance, vous avez commencé à vivre. C'est-à-dire vous avez commencé à exister en tant que moi-m'aime.
24 janvier
Arriver à destination après avoir désiré le plus possible. Travailler le moment à venir, travailler le désespoir, travailler le rêve, ne pas oublier que rien ne se perd, mais que la transformation peut prendre du temps, que tout est là, sous nos yeux. C'est cela qu'il faut retenir.
25 janvier
La vie n'est ni belle ni moche, elle est tout simplement sa propre idée qu'on s'en fait.
26 janvier
Exaltant ou pas, facile ou pas, ce qu'il y a de laid, d'indigne, de chrétien, de superstitieux, c'est d'accepter d'être malheureux.
27 janvier
Les courbatures de notre conscience sont la preuve que nous sommes sortis de l'eau pour monter aux arbres, afin d'en descendre pour piétiner les plates-bandes de la création.
28 janvier
L'abandon de soi est le père de l'amnésie.
29 janvier
Si tu ne sais pas faire bon usage de ta mort obligatoire et inutile, à quoi bon jouir d'un esprit ?
30 janvier
Il nous faut bien gaspiller cette vie pendant le temps qui nous reste, long instant obscur, semblable à celui où des nuages cachent une lune déjà noire.
31 janvier
Les échecs de notre vie ne sont jamais affaire de responsabilité personnelle, ils sont dus aux manquements des générations qui nous ont précédés et qui ont lâchement disparu pour échapper à notre vengeance.
Anti-médidations Février
1er février
En détestant notre destinée commune, nous permettons à notre vie sociale individuelle de ne pas s'inscrire dans l'expression du naufrage collectif.
2 février
Chaque individu essaie d'apporter au monde la même chose que tous les autres.
3 février
La toute dernière chose sur laquelle il faille antiméditer est notre existence sans valeur, aliénée et disqualifiée, facile à obtenir et difficile à quitter.
4 février
Je vais maintenant abandonner l'idée de sens.
5 février
Lorsque nous observons les cycles conventionnels de la vie en société, nous découvrons que chaque étape apporte sa part de projets irréalisables et d'inventions trop chères pour être honnêtes.
6 février
C'est à la fin de notre existence, dans une incomparable terreur et dans le sentiment d'arrachement, que nous découvrirons la fatigue du dernier regard sur le monde, de la dernière réflexion et de la dernière séparation. Nous oublierons la sensation physique avec l'émoussement de nos cinq sens et de nos désirs. Il serait superflu de vouloir retenir la spontanéité des jours, mais gardons la méfiance envers tout ce que nous ignorons.
7 février
C'est dans l'enfance que tout le monde fait sa première expérience matérielle, celle d'un lien inné et naturel avec la déception. La tristesse, la prostration et le refus que nous avons connus alors, demeurent à jamais dans notre nature profonde. Si la relation avec nos parents est empreinte de mépris et de haine, elle nous servira de modèle, et toutes nos autres relations reposeront elles aussi sur le mépris et l'absence de respect.
8 février
La vieillesse, avec son lot de résignations et de dépendances, apporte la détermination de trouver la vérité dans la bouche du médecin traitant, ne laissant prévaloir la parole de personne sur le diagnostic de celui-ci.
9 février
L'enfance apporte naturellement sa part d'éducation. Nous sommes irresponsables et impitoyables envers notre famille, notre tribu, le monde où nous végétons. Nous découvrons la possibilité de nous abrutir et nous ressentons un profond rejet d'accomplir quoi que ce soit. En avançant dans l'âge nous devenons spontanément incontrôlables. Nous nous sentons poussés par la société à réfléchir de moins en moins, à vivre dans la peur, à rester au diapason de notre compte bancaire.
10 février
A mesure que nous redoutons la vieillesse, ayant subi de nombreuses dégradations physiques et morales, nous sombrons dans la nostalgie de notre naïveté d'antan.
11 février
Celui qui meurt par surprise, ne meurt jamais.
12 février
Quand nous buvons du vin, la compassion se manifeste en nous. Cet acte est le symbole de sensibilité et d’empathie qui jette l'oubli sur toutes nos erreurs.
13 février
Pour que la "petite graine de la compassion", arti- et superficielle, puisse dessécher et disparaître, il faut vivre dans l'appât du gain.
14 février
L'éducation doit surmonter la méchanceté naturelle de l'enfant. Le facteur essentiel est de l'élever dans un cadre de culpabilité et de répression. Bien que, dans une perspective idéale, il faille que les défauts humains nécessaires se développent en parallèle avec l'ambition, s'il fallait choisir entre des défauts généraux et l'ambition, il faudrait choisir cette dernière.
15 février
La véritable essence de l'être humain est l'ambition. Il existe d'autres défauts provenant de l'éducation religieuse, de l'ignorance, mais il est essentiel, si l'on veut devenir un véritable être humain reconnu et pouvoir surfer sur l’absurdité de l'existence, d'avoir un esprit ambitieux.
16 février
Réfléchir à la petitesse des capacités qui échouent quotidiennement à la surface de notre caractère, comprendre que la nature du monde est danger et menace, et essayer d'oublier l'obscurantisme qui nous empêche de devenir notre propre lumière.
17 février
Il nous est interdit de renoncer à la réussite, notre obligation de nuisance.
18 février
Une fois né, nous sommes nés. Je est un pluriel.
19 février
Je suis moi ! J'appartiens à ce corps ! Je me suis !
20 février
Une seule certitude : Cet esprit habite ce corps et ne saurait exister sans lui, et encore à condition qu'il soit en vie, le corps s'entend.
21 février
Nous constatons que la vie, celle de notre personne, est suffisamment stable pour que nous puissions nous reconnaître dans la glace chaque matin. Un changement radical nous semblerait forcément dû à un accident de chirurgie esthétique.
22 février
Selon le curé du village de mon enfance, la vie humaine se compose de trois éléments : le péché originel, les péchés ultérieurs, la souffrance méritée par nos péchés. Cet état est permanent et engage notre responsabilité individuelle. Nous sommes le produit du mal et refoulés à jamais de Sa Bonté.
23 février
Notre satisfaction profonde de nous savoir mortels vient du fait que nous nous connaissons parfaitement. Nous savons que n'existe pas d'individualité définie, et surtout, après avoir examiné de près tous les éléments qui ont contribué à nous faire exister, nous savons que nous aurions très bien pu être quelqu'un d'autre. C'est cette certitude qui nous rend infiniment libre.
24 février
Lorsque nous examinons le monde, nous aspirons violemment à un changement radical. La notion d'histoire n'est acceptable que si nous la considérons comme une manigance et une tricherie.
25 février
La rédemption par l'abstinence, sinon l’expiation dans la MST.
26 février
Nous pouvons décrire le monde comme le meilleur ou le pire de tous les mondes possibles. Tout dépend de qui nous voulons convaincre.
27 février
Une grande part de nos idées existe grâce à l'inefficacité de nos sens qui tentent en vain de nous montrer que nous nous trompons.
28 février
Notre désarroi est intimement lié à l'inadéquation entre la force de nos désirs et la réalité de nos forces.
Anti-médidations Mars
1er mars
La paix du corps s'enracine dans la caresse et la sexualité. Cela requiert un très haut degré de disponibilité et de capacité de jouissance.
2 mars
Voici un fleuve qui arrête notre vie et nos sensations. Charon a coulé avec sa barque. Nous voilà orphelins.
3 mars
Afin d'arriver à ressentir l'inutilité de toutes choses, nous devons commencer par ignorer ce que la société voudrait nous faire prendre pour des "valeurs".
4 mars
La route se poursuit, - et se mord la queue de poussière.
5 mars
Notre inconscience nous fait faire n'importe quoi, la grande gueule, le mari fidèle, le messie avant l'heure, la putain fière de l'être et même l'écrivain vain.
6 mars
Ne vous en faites pas pour une petite lâcheté, une moyenne mesquinerie ou un gros mensonge. Que voulez-vous que ça rajoute dans l'immensité du pire.
7 mars
Nous sommes déterminés, donc irresponsables.
8 mars
Nous ne pouvons connaître les conséquences de nos intentions, comme le cristal est traversé par la lumière sans savoir que grâce à lui elle s'éclate.
9 mars
Mieux nous comprendrons la nature du monde, plus nous pénétrerons profondément dans les mécanismes du hasard et de l'aléatoire. Cette compréhension permet, d'une part, d'éviter de se torturer inutilement, et, d'autre part, de cultiver notre sens de la responsabilité en toute liberté.
10 mars
Ce n'est qu'au prix d'un relâchement constant que notre renoncement se confirmera et que nous pourrons devenir insensibles au poison des serpents à sornettes.
11 mars
Prendre, c'est libérer celui à qui l'on prend.
12 mars
Nos idées déterminent notre destin, autrement dit, la gravité de nos crimes.
13 mars
Nous sommes tous maîtres de notre vie : Pourquoi pardonner aux autres plus qu'à nous-mêmes ?
14 mars
Seules les relations humaines et les passions font passer le temps agréablement, et nous redoutons le jour où elles viendraient à manquer. Souvent nous nous trouvons à la croisée de deux chemins, dont l'un conduit à la vertu du plaisir et l'autre au pêché de l'ennui.
15 mars
Lorsque nous ne nous sentons pas concernés, - cela nous amène à ressentir une profonde émotion de liberté.
16 mars
Chacun est victime du monde à sa manière, chacun attend que le monde le rende heureux. Chacun est son monde.
17 mars
Le malheur est le résultat de l'immaturité du monde. Il est nécessaire à l'espoir, comme la peur est la conséquence du bonheur.
18 mars
Le son de la cloche ne sait pas qu'il fait l'opinion.
19 mars
Si la voie est dégagée, méfie-toi de l'embuscade,
Si le nombre est illimité, il s'agit d'un mensonge,
Si cela est immobile, c'est que c'est mort,
Si cela monte et descend, c'est pour te mettre à l'épreuve,
Si cela coule dans ton lit, ne te réveille pas,
Si cela est dans ta poche, c'est peut-être à toi.
Voilà les paraboles des six pièges intérieurs.
20 mars
Nous portons une inattention bienveillante et irrespectueuse à nos rêves.
21 mars
Si nous savions que demain matin nous allions recouvrer la vue, nous profiterions de notre dernière nuit pour frapper les passants de notre canne blanche.
22 mars
Les coups sont le véhicule de la douleur qui est la preuve de notre sensibilité.
23 mars
Les choses les plus insignifiantes de notre vie ne sont pas les plus petites ou les plus négligeables, mais celles que nous avons oubliées.
24 mars
L'esprit et le silence n'ont que peu d'importance : c'est en s'appuyant sur eux que le monde instille en nous ses regrets. Nous pourrions dire que l'esprit et le silence en quelque sorte trahissent le corps.
25 mars
L'univers a la taille de mon cerveau. Et de temps en temps celui de mon sexe.
26 mars
Les paroles douces font du bien. Elles peuvent être dites sans ambages ou être emballées dans du papier de rire, servies bien au chaud sous la couette ou par courrier expresso. Gardons les insultes au frais pour demain.
27 mars
Nous connaissons très bien le poids des paroles et la réalité qu'elles véhiculent. Voilà pourquoi des paroles agréables nous procurent du plaisir, alors que des paroles désagréables nous contrarient et nous mettent en colère. Si nous étions différents, les mots n'auraient pas le même sens, alors soyons différents.
28 mars
Ne pas voir la misère demande que nous restions endormis. Cela suppose, entre autres, de vivre dans la hâte et la précipitation afin de ne pas s'attarder sur ce que nous ne voulons regarder en face. Moins nous nous occupons de notre nombril, plus il nous est facile d'ignorer le nombril des autres.
29 mars
Quand on veut rester immobile, il faut d'abord examiner le monde autour. S'il se meut, il convient de se mouvoir à la même vitesse.
30 mars
Que ta parole soit impertinente et excessive, obscure et désagréable, d'un ton véhément et agité ; qu'elle exprime ta bêtise sans bornes.
31 mars
L'enseignement du gourou doit être assez compliqué pour mobiliser l'énergie des disciples pendant suffisamment longtemps, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'ils aient oublié qu'ils ont été vivants.
Anti-médidations Avril
1er avril
L'impossibilité de suivre tous ses préceptes rend la doctrine puissante et le croyant docile.
2 avril
Stable et sensé, le corps se défend contre les agressions extérieures, contre la mode et les coiffeurs. Les prêtres le comparent à un cloaque et pourtant il fait de son mieux pour ne pas s'oublier.
3 avril
Nous vivons au soleil de nos émotions apaisées : paix intérieure, absence de désir, humilité, générosité dans le partage amoureux, et ainsi de suite.
Nous devons toujours être prêts à nous défendre contre la tentation d'orgueil d'être si bien à tout point de vue.
4 avril
C'est la manière dont nous nous situons par rapport à l'argent qui nous fait de petits ou de grands soucis.
5 avril
C'est en nous exerçant inlassablement à transformer nos idées, que nous finirons par ne plus croire à n'importe quoi.
6 avril
Celui qui s'efforce d'atteindre le Grand Sommeil doit s'attendre à rencontrer d'épouvantables obstacles : amis, voisins, leurs chiens, motocyclettes, et insomnies.
7 avril
Plutôt que de nous laisser entraîner et piéger par notre corps, laissons-le disparaître à mesure qu'il s'enfonce dans la baignoire, sous une épaisse couche de mousse odorante, jusqu'à ce que l'eau soit redevenue transparente et froide, et frippée la peau du bout de nos doigts.
8 avril
Le seuil de tolérance est un seuil de souffrance.
9 avril
Quand nous aurons terminé avec l'illusion de pouvoir nous passer des jugements de valeur, nous aurons les moyens d'affronter les curés de tous bords sur leur propre terrain.
10 avril
Les destructions de l'esprit sont plus nombreuses que celles de toutes les bombes et supernovae réunies.
11 avril
Les origines de l'indifférence ne se trouvent ni dans les amours déçus, ni dans l'absence de désir, ni dans le sentiment d’impuissance. Ce ne sont que prétextes. Les origines de l'indifférence se trouvent au coeur même des atomes qui participent à la construction de n'importe quel objet sans se soucier s'il est vivant ou mort, bon ou mauvais.
12 avril
Prendre les dieux pour des dieux, voilà la clé.
L'ignorance savamment cultivée,
Les imaginer à notre image, voilà l'aliénation.
Les ignorer comme font nos enfants, voilà le commencement.
Admettre leur concrétude dans l'imaginaire,
Et s'ils deviennent homme, les achever.
13 avril
La cause première de notre bonheur réside dans notre environnement, notamment chez nos collègues de bureau, quand ils sont en congé.
14 avril
Le monde réel se manifeste dans notre matérialité. Il nous fait croire à la puissance créatrice de notre esprit et que la douleur ne serait pas vraiment douleur, mais que le bonheur serait mérité, mais pas trop. En gros, il se paye notre tête.
15 avril
Est-ce la faute du miroir, si ce qu'il cache n'est qu'un bout de mur ?
16 avril
L'esprit dans son état habituel peut être comparé à n'importe quel esprit. Les strates de l'esprit cachent la nature réelle de l'esprit qui est son propre scalpel. Esprit esculape ?
17 avril
Nous vivons trompés par un mode d'existence qui n'est que beaucoup mode et peu existence.
18 avril
Toutes les pensées sont utiles. Elaboration, réalisation et anticipation, passé, présent et futur sont les trois mamelles de l'être-là.
19 avril
Lorsque nous avons atteint un état d'aliénation suffisamment violent à l'égard de nos émotions, cela ne signifie pas que l'explosion qui suivra se tournera automatiquement vers le monde extérieur. Mais afin d'éviter les dégâts causés par une éventuelle déflagration intérieure, il s'agit de laisser sortir notre violence au quotidien plutôt que d'en stocker une quantité trop grande et par conséquent dangereuse pour notre propre intégrité.
20 avril
Atteindre un état de désespoir authentique exige de transformer à la fois le regard que l'on porte sur le bonheur que celui que l'on porte sur le malheur.
21 avril
Dès lors que nous considérons que les églises se trouvent dans les esprits et non dans des lieux consacrés, nos activités blasphématoires pourront s'exercer dans le monde entier sans retenue.
22 avril
L'étrange alchimie des religions du renoncement érige la misère en vertu.
23 avril
Il faut être parfaitement conscient de l'inestimable valeur de l'existence humaine, pour pouvoir tirer pleine jouissance des distractions gaspillatoires et ambitions futiles que jugent vulgaires les pisse-eau-bénite.
24 avril
Ce qui nous libère du danger de l'ordre et de l'ennui, est la capacité de notre esprit de papillonner au soleil de nos émotions.
25 avril
Le monde est ferme et monolithique,
Il s'impose de lui-même.
Le sage s'y plie, comme le boucher
énerve la côte de boeuf.
26 avril
Pour jouir juste, ton corps ne doit être ni trop tendu, ni trop détendu, comme la peau du violon.
27 avril
Plus nous acceptons notre animalité, plus notre rapport au plaisir s'affine.
28 avril
La Connaissance est-elle connaissance d'autre chose que d'elle-même ? Peut-elle s'éclairer en utilisant le miroir du réel ?
29 avril
Face à leur incapacité d'exaucer les voeux de leurs ouailles, les dieux ont de plus en plus recours à la drogue pour s'évader de leur triste quotidien, et parfois même au suicide pour échapper au lynchage.
30 avril
En reconnaissant la permanence du monde, nous nous débarrassons de la notion du sacré. Nous avons tendance à oublier que c'est nous qui créons le monde.
Anti-médidations Mai
1er mai
L'univers s'exprime par l'immobilité éternelle : un nombre infini de mouvements.
2 mai
Heureusement que nous avons tout le temps.
3 mai
Nous devons examiner notre vie à la lumière de notre idéalisme, passionnément et avec amour. Nos choix sont les conséquences de nos valeurs.
4 mai
Quand nous sommes envahis par un sentiment d'oppression et de trop d'emprise exercée sur nous, le mieux est encore de prendre du recul, de s'accorder du repos et de rester immobile. En général, l'adversité se lasse et va chercher d'autres victimes.
5 mai
L'absence d'espérance est l'objet principal de nos aspirations, quelles que soient les puissances qui essaient de nous l'imposer - religions, sectes, idéologies, projets, adhésions, bons conseils d'amis bien intentionnés, contingences soi-disant incontournables -, et quelle que soit notre manière d'être accro - chantage affectif, amour, reconnaissance apparente, confort matériel, paresse.
6 mai
Toute croyance religieuse est superstition.
7 mai
Notre civilisation est consacrée en grande partie au culte de la matière. Et pourtant nous sommes éduqués dans la croyance que le réel se trouverait au-delà. C'est à croire que la matière contient sa propre transcendance. Diantre !
8 mai
La connaissance de soi doit faire abstraction de l'inconscient, sauf dans les moments de grosse colère pour s'empêcher de faire une grosse connerie.
9 mai
Il n'y a rien de moins désespéré que d'être sans espoir.
10 mai
Paradoxe du bouddhisme : Utiliser les moyens du Soi pour s'en débarrasser, afin de se trouver. Il ne faudrait pas qu'il soit trop susceptible, le Soi.
11 mai
Ce qui compte, ce n'est pas l'absence de courage, mais de ne pas s'en vouloir.
12 mai
Récusons la responsabilité de notre mortalité et portons sur notre condition un regard de colère et d'indignation.
13 mai
L'eau de nos larmes aussi vient de la mer.
14 mai
Derrière notre vie extraordinaire, derrière nos silences profonds, derrière nos courses folles, derrière nos idées, il y a une présence fondamentale, solide. Elle est là, à nous observer constamment. Nous pouvons avancer d'un pas sûr, elle nous donne confiance en elle et en nous-mêmes. Elle vibre avec nos passions et nos emportements, elle nous pardonne nos excès et nos arrogances.
15 mai
Des sentiments comme la satisfaction, la maîtrise, l'euphorie, la gratitude, l'apaisement, la générosité et le courage, au lieu d'être de bonnes nouvelles nous disent à chaque fois : Cela ne durera pas !
16 mai
A mesure que nous pénétrons de notre plein gré dans chaque zone de courage, chaque zone de force et d'assurance en nous-mêmes, nous découvrirons l'importance du jeu, du "faire semblant", qui nous permet de devenir ce que nous nous efforçons de faire semblant d'être.
17 mai
L'espoir commence à se dissoudre enfin, quand nous sommes capables de mettre en question la souffrance de ne pas trouver d'endroit où nous perdre.
18 mai
Il s'agit ici de connaître la joie, de se familiariser avec elle, de la regarder droit dans les yeux - non pour la transformer en jouissance, mais pour nous défaire définitivement de tout ce fatras religieux qui nous a maintenus dans la culpabilité depuis la nuit des temps. Il faut savoir que dès que nous commençons vraiment à agir ainsi, nous ne cessons jamais d'apprendre la liberté d'esprit.
19 mai
Il faut revendiquer son identité profonde et enrichir le sentiment de soi.
20 mai
Méfions-nous des fous qui rient de leur folie.
21 mai
Ceux qui vous conseillent d'être fou pour vous trouver, qui vous font croire que votre folie serait sagesse aux yeux de Dieu, espèrent que vous vous perdiez, afin de mieux vous sauver pour leur cause. Et si vous refusez de suivre leur conseil, ne vous étonnez pas qu'ils vous traitent de tiède et de frileux.
22 mai
Apprendre n'est pas remplir un vide, mais désapprendre l’ignorance.
23 mai
Nous devons tout particulièrement apprendre l'art de diriger notre attention vers les moyens de crocheter les serrures des portes de la perception.
24 mai
Ce sont la spontanéité et le regard amusé sur soi et les autres, qui permettent de changer nos comportements en jouant.
25 mai
Nous ne pouvons faire autrement que d'être concernés par tout.
26 mai
Nous pensons que les gens heureux ne sont qu'inconscients. Je pense que cela est juste.
27 mai
Où iront les nuages aujourd'hui ?
28 mai
Rien ne va plus au-dehors car il pleut eau dedans.
29 mai
Avec les sourires de votre bonheur vous menacez la quiétude d'autrui. En rendant jaloux les autres, vous faites vraiment preuve de générosité.
30 mai
Pour supporter le bonheur, il faut distinguer entre le bonheur d'être heureux, et le bonheur de ne pas être malheureux. La joie, la satisfaction, l'absence de culpabilité, la vie sociale et un radical désespoir sont autant de réactions émotionnelles susceptibles de l'intensifier.
31 mai
Apprendre à vivre, c'est apprendre à s'accrocher de toutes ses forces.
Anti-médidations Juin
1er juin
C'est en prenant en compte les souvenirs et les préoccupations de l'avenir qu'il nous est possible d'étendre la notion de présent dans toutes les directions temporelles. Nous sommes alors capables de marcher sur un fil avec l'assurance de celui qui avance dans la plaine.
2 juin
Quelle chance d'avoir une mémoire qui permet de revivre maintes fois ce que nous avons vécu.
3 juin
Nous devons nos yeux à la transparence de l'air.
4 juin
Le ciel n'est pas gris de lui-même, il confie ce travail aux nuages.
5 juin
Les constructions humaines sont une sorte de preuve, mais aussi une sorte de maladie infantile.
6 juin
En présence d'une grande joie, nous ne savons pas, si c'est le début d'un grand désastre. Mais cela peut être précisément le début d'un grand bonheur.
7 juin
La première étape d'une approche humaine est de se reconnaître le droit à l'existence, et d'oublier petit à petit toutes les croix et toutes les bannières.
8 juin
Le coup de foudre est une sorte de crise cardiaque, et inversement.
9 juin
Aucune situation dans laquelle vous vous trouvez ne porte en elle de valeur à priori, mais vous avez le droit et même le devoir de la juger, car le jugement est l'outil qui permet de construire un monde meilleur, - à condition que celui qui juge soit bon.
10 juin
L'invention du péché originel est due à la surprise angoissée de nos parents devant notre capacité inouïe de transgression.
11 juin
Croire que nos souffrances dureraient toujours, et que la joie puisse être évitée à jamais, c'est sous-estimer la capacité de l'être humain à s'habituer à tout dans la bonne humeur.
12 juin
Si l'amour domine, il nous enchaîne au paradis,
Une trop grande générosité ouvre la porte aux profiteurs,
La connaissance de notre nature mène à la jouissance,
Si notre passion grandit, nous apprécierons la présence d'un public,
Si nous sommes capables de partager les biens des autres, nous manquerons de rien,
L'humilité est le ferment de l'arrogance.
Voilà six manières de se construire un destin.
13 juin
Au moindre succès, nous nous prenons pour notre propre modèle.
14 juin
Le plaisir, l'amour et les autres passions sont des alliés précieux, ils sont courageux et intelligents. Je suis fier d'être leur créateur.
15 juin
Le bonheur visible, c'est le bonheur concret qui est omniprésent tant que nous réussissons à échapper à l'espérance, au détachement et à la métaphysique.
16 juin
Le plaisir fait partie de l'expérience humaine. Les gens se font plaisir les uns aux autres - nous faisons plaisir à d'autres et d'autres nous font plaisir. Connaître cela, c'est d'avoir la vision brouillée de larmes de joie.
17 juin
Si l'essentiel ne peut être trouvé par l'esprit, ni être dit avec des mots, ni être entendu avec les oreilles, ni être compris avec la raison, à quoi bon philosopher.
18 juin
En proie au doute, nous sommes en conflit avec les notions de bien et de mal, nous sommes en conflit avec nos propres jugements. Ce qui nous semble bon aujourd'hui risque de nous sembler mal demain, ce qui semble grandiose de près, nous apparaît rikiki vu de loin. Et en même temps, le mi-chemin manque d'ambition.
19 juin
Si tu ne peux vivre sans moi, va-t-en !
Si tu as pitié de moi, je te plains !
J'aimerais partager ta jalousie !
Ta bienveillance me laisse indifférent
et tu n'as pas le droit de m'en vouloir,
tant pis pour moi !
20 juin
La gratitude conduit à la soumission.
21 juin
L'envie et la jalousie d'autrui nous empêchent de nous réjouir honnêtement de notre bonheur et de nos succès mérités.
22 juin
Fermons les yeux, que la vue ne trouble pas la projection de nos fantasmes.
23 juin
Il faut apprendre à être davantage hypocrite. Faisons semblant d'être content des miettes qu'on nous jette, demain peut-être aurons-nous le croûton.
24 juin
Adhérer au monde, comme le poisson-pilote adhère à son requin, avec la certitude inébranlable que sans lui, le requin serait perdu.
25 juin
Il est des parfums qui en deux secondes te foutent en l'air trente ans de méditation au fond d'une grotte.
26 juin
Les pauvres n'ont jamais assez d'argent et les impuissants jamais assez de pouvoir. Réfléchissons : la meilleure façon de nous débarrasser de tous nos désirs et de tous nos projets, c'est de les réaliser.
27 juin
L'ironie veut qu'une fois reçu l'article commandé par correspondance, il a été abîmé et en plus la poste ne veut pas reconnaître sa responsabilité. Ainsi la mauvaise foi est sans limites et source de trouble. Le seul antidote est l'achat en magasin.
28 juin
De l'absence naît le manque.
De l'attachement, l'humanité.
29 juin
Ils vous diront que le rire de ceux qui n'ont rien à perdre est un signe de simplicité et de paix profonde. Leur cynisme est sans limite.
30 juin
Acceptez ce que vous pensez ne pas avoir mérité avec la confusion de celui qui a très bien pu se tromper sur ses propres qualités.
Anti-médidations Juillet
1er juillet
La liberté n'est pas de n'avoir rien à perdre, c’est de rien attendre, une fois que tout est perdu.
2 juillet
Ne pas avoir obtenu ce que nous désirions et continuer à désirer la même chose, voilà qui est la preuve de notre force de caractère.
3 juillet
Si je mets une veste vert pomme, des chaussures rouges, un pantalon rayé et un chapeau noir avec une plume violette, c'est bien que je n'ai pas envie de me reconnaître.
4 juillet
La véritable soumission est celle qui exige de s'affranchir de la dictature de l'ego et de son cortège de résistances. Tout ceux qui font carrière dans notre société sont super-bouddhistes sans le savoir.
5 juillet
Je me maîtrise, je me menotte, je me bâillonne, je m'enferme en cellule de dégrisement, mais le lendemain matin, je suis toujours aussi ivre de moi-même.
6 juillet
Tous les bonheurs, toutes les joies, tous les sauvetages viennent de mon attachement au monde : Pourvu qu'il ne me lâche pas !
7 juillet
L'essence de l'humanité : " Pas de Toi, pas d'Univers. "
8 juillet
Les religions nous laissent le libre choix entre la haine de soi et la haine d'autrui. Mais tolérantes, elles permettent le cumul aux indécis et aux fayots.
9 juillet
Quand nous recevons de mauvais conseils, il n'est pas toujours facile de faire comme si nous n'avions rien entendu, et souvent nous nous sentons obligés de faire semblant de les suivre. Bien trop souvent nous n'avons pas le coeur de pointer notre intelligence sur la bulle d'illusion d'autrui.
10 juillet
C'est par étapes, prudemment et avec circonspection que nous devons construire l'image que nous voulons faire passer à la postérité.
11 juillet
L'être humain est fait pour l'éternité, la nature l'a conçu ainsi, il n'y est pour rien. C'est pour cette raison que sa mort le prendra toujours au dépourvu, quoi qu'il fasse.
12 juillet
Quand nous cédons notre place à autrui, nous découvrons qu'il s'y débat avec les mêmes difficultés.
13 juillet
Le contentement de soi ne consiste pas à se considérer comme supérieur, mais à être affranchi de tout complexe d'infériorité. C'est un état de grâce mérité qui est en totale divergence avec la culture de culpabilité qui voudrait nous voir ramper du matin au soir. Le contentement de soi est un pied de nez pinocchien à l'état des choses.
14 juillet
"C'est cadeau !" Expression qui dans sa joie naïve affuble le hasard d'une barbe blanche et de six bras.
15 juillet
Verser du whisky dans le bénitier pour faire chanter les crapauds.
16 juillet
Soumis à notre propre volonté, nous avons la ferme intention de ne pas nous laisser faire ni nous en conter, et nous nous trouvons par conséquent en position fort inconfortable. Nous acceptons notre fragilité, puisque nous savons que l'intention fait la force. Nous ne nous cachons rien, car nous savons qu'il n'y a de secret, ni sur la terre ni au ciel.
17 juillet
Il est un moment où la résistance n'est plus une preuve de valeur mais de sclérose.
18 juillet
En nous ouvrant à l'imaginaire et aux fantasmes, nous constatons que nous avons pris pour notre véritable nature une existence étriquée et soumise à la censure de la morale bourgeoise, et nous comprenons combien cela est limitatif. Nous pouvons alors porter un regard d'immense satisfaction sur les plaisirs que nous-mêmes avons créés dans notre esprit à partir de quelques revues et films bien choisis.
19 juillet
Notre lutte contre la mort a forcé notre esprit à s'ouvrir. Dès lors que nous abandonnons la lutte, que nous fermons notre esprit à l'adversité, nous découvrons notre immortalité dans l'instant présent.
20 juillet
Sans nos habitudes nous serions obligés d'inventer tous les matins une nouvelle manière d'être. L'entretien de nos habitudes est une des conditions de notre liberté.
21 juillet
Quand un religieux tient un discours de tolérance, c'est qu'il s'adresse à un sceptique qu’il espère convertir, - ou à un journaliste.
22 juillet
Lever les yeux au ciel, à bout de bras et sur la pointe des pieds.
23 juillet
Pris dans un tourbillon de calme et d'amour, nous rêvons notre vie dans la paix et la sécurité ; nous apprenons à nous alléger, à vider notre besace, à garder comme viatique le strict dispensable.
24 juillet
La paresse à l'orientale consiste à être assis parterre en lotus sous prétexte d'affronter les pensées émergeantes avec l'espoir d'y trouver les vraies questions.
25 juillet
Rendre nos pensées plus complexes, afin d'échapper à l'ennui, ce n'est pas un comportement de fuite devant la simplicité. Celle-ci n'en a pas l'exclusivité.
26 juillet
Chaque société humaine a sa propre vitesse de fonctionnement. Quand un moine tibétain arrive à Paris pour la première fois, il n'est pas surprenant qu'il pense que dans de telles conditions de vie, il est impossible "d'habiter son corps" ou de "demeurer relié à son coeur" et à plus fort raison de "se relier à autrui et à la terre". Nous allons trop vite pour son coeur et la terre est recouverte de bitume.
27 juillet
C'est dans ces quatre couples qu'il nous faut trouver la meilleure équation - jouissance et joie, victoire et reconnaissance, réussite et récompense, exaltation et euphorie, afin d'échapper au sort du plus grand nombre.
28 juillet
... et maintenant nous allons tenter de renverser le flacon de parfum. Peu importe son prix.
29 juillet
Le sommeil profond est fait pour laisser du temps aux cambrioleurs.
30 juillet
Pour échapper à l'oscillation entre bonheur et souffrance, il faut sauter sur le pendule et remonter jusqu'au point d'attache. Là, tout est immobile.
31 juillet
Commençons par développer la compréhension des sources d'emmerdement les plus courantes, afin de ne plus jamais marcher dedans.
Anti-médidations Août
1er août
Si le monde entier nous tombe dessus à bras raccourcis, c'est que quelqu'un lui a fait savoir qu'à son avis, nous n'avions pas les moyens de nous défendre.
2 août
Le renoncement volontaire à une obligation désagréable crée l'impression étrange d'être inutile tout à coup.
3 août
L'univers entier ne pourrait combler l'esprit d'un être humain, d'ailleurs, ça fait longtemps qu'il n'essaie plus.
4 août
Pour jouir d'une vie heureuse et accomplie, la clé doit correspondre à la serrure. C'est là l'essentiel.
5 août
Les corbeaux qui chantent, perchés sur la potence, ne doutent de rien.
6 août
Finir dans la misère pour ne pas regretter la vie, c'est le comble du mauvais goût.
7 août
Mon lit est large, mais je ne suis pas seul. Je suis nu, mais le temps est au beau. Je me nourris de caresses.
8 août
Il nous reste toujours un petit coin de libre dans l'armoire de la mémoire, ou sous le tapis de l'oubli.
9 août
Les causes véritables du trouble et du vide sont à rechercher dans les ouvrages de vulgarisation psy.
10 août
L'instant présent n'est pas un point, mais une bulle de conscience qui enveloppe d'une manière fluctuante le perçu-compris.
11 août
L'adulte est celui qui est enfin libéré des peurs et des superstitions de l'enfant. Il n'est plus obligé de pleurer de colère pour obtenir des jouets ridicules ou des friandises, et ne frappe plus celui qui veut lui emprunter un objet sans valeur. N'envions pas le sage qui retombe en enfance.
12 août
Le véhicule humain est propulsé par un subtil mélange de désir et de peur.
13 août
Les dinosaures ont disparu à cause d'un manque d'ouverture d'esprit flagrant, quand leur nourriture a disparu à la suite de l'impact d'une météorite il y a soixante-cinq millions d'années.
14 août
Vous ne pouvez pas arrêter les vagues, mais vous pouvez rester sur la plage.
15 août
Le préjugé est la condition sine qua non de l'apprentissage. Il est la matière première du jugement.
16 août
Si la vie existe, c'est que l'univers n'a pas pu faire autrement.
17 août
J'éteins ma lampe de chevet et la nuit s'estompe.
18 août
Réfléchissons à ce qui ne possède vraiment aucune valeur, mais qui nous différencie d'autrui, c’est cela qui fait notre personnalité.
19 août
La mer, se souvient-elle encore de nous ?
20 août
Enfermé dans cette boîte crânienne, sombre et exiguë, qui me sert de logis temporaire, comment pourrai-je m'en échapper, sinon neurone après neurone.
21 août
Oser rester immobile, oser interrompre la course, oser être sans opinion, le temps d'une récréation.
22 août
Qu'il est bon de s'abandonner aux plaisirs du corps, de s'en imprégner comme une éponge naturelle.
23 août
Comme si le fait d'être lancé dans l'existence à notre insu ne suffisait pas, on nous demande de garder les yeux ouverts pendant la chute.
24 août
Arrêtons d'éduquer nos enfants, laissons une chance aux générations futures.
25 août
Il n'est pas de prison assez sûre, où il serait possible de passer toute une vie tranquille.
26 août
Un certain jour, la mort t'appellera à son secours pour finir ce petit boulot te concernant.
27 août
Donner sans rien obtenir en retour, même pas un sourire, même pas un regard, donne envie de reprendre.
28 août
L'altruisme est un égoïsme qui a besoin des autres.
29 août
C'est l'irrespect envers la bêtise et le crime qui rend le monde meilleur. La révolte suscite l'action, et l'irrespect garantit l'efficacité des moyens mis en oeuvre.
30 août
La bonne écoute commence par soi-même. Entendre au fond de soi des mots qui n'ont aucun sens, nous donne la délicieuse impression d'être habité par un esprit.
31 août
Antiméditer, c'est déranger le calme plat de notre activité intellectuelle habituelle en y lançant quelques idées excitantes, comme des cailloux dans un lac. En analysant le mouvement des vagues dont la concentricité sera perturbée par la tempête de sens qui ne manquera pas de se lever, nous apprendrons enfin ce que nous avons toujours déjà su.
Anti-médidations Septembre
1er septembre
Cultivons jalousement notre jardin intérieur, interdisons son accès même à nos amis les plus chers, même à notre famille. Il sera notre seul refuge quand nous serons abandonnés par tous.
2 septembre
La chaîne de montagnes est la petite enfance du désert.
3 septembre
Si la pitié, le pardon et l'attachement pour nous-mêmes ne peuvent prendre vie en nous-mêmes, où donc le pourraient-ils ?
4 septembre
Chez l'humain comme chez l'animal, l'agressivité est un réflexe de défense. Il n'y a que les circonstances de son déclenchement qui changent d'une culture à l'autre et qui la font souvent passer pour un réflexe d'attaque.
5 septembre
Une fois pris en compte que la nature élémentaire de l'humain est plus agressive qu'empathique, notre vision du monde change du tout au tout. Voir les autres tels qu'ils sont, au lieu de les croire gentils et de bonne intelligence, nous fait comprendre qu'il ne nous reste rien d'autre que de nous retirer du monde en attendant des jours meilleurs.
6 septembre
Les seuls moyens d'éviter des conflits, c'est d'inspirer suffisamment de peur, ou de ne représenter aucun intérêt.
7 septembre
C'est notre corps, et lui seul, qui nous enchaîne et qui finira par nous libérer de nous-mêmes.
8 septembre
Laissez donc vos désirs traverser votre corps, comme l'éclair fouette les nuages fessus.
9 septembre
La maîtrise du feu est le commencement de la décadence.
10 septembre
Lorsque le coeur est calme, content, humble, modeste, rempli de pardon, sans rancune, sans prétention, paisible, il faut s'ébrouer comme un cheval sauvage pour se sentir vivre.
11 septembre
Nos pires ennemis sont notre corps, notre esprit et surtout l'idée qu'ils seraient séparés.
12 septembre
Comprendre le passé, c'est mettre fin à la culpabilité.
13 septembre
On ne peut pas aimer tout le monde. Alors, par souci de justice, n'aimons personne.
14 septembre
La non-violence est le parti pris de ceux qui n'ont pas les moyens de la violence.
15 septembre
La chaleur humaine nous fait croire que tous les êtres humains seraient comme nous, et qu'ils n'auraient rien à nous apprendre.
16 septembre
Un rayon de lune sur une plaine déneigée.
17 septembre
L'altruisme suprême est de nous aimer nous-mêmes.
18 septembre
Penchez-vous sur votre jouissance comme sur votre propre tombe ouverte où s'entassent roses et poignées de terre mêlées sur un cercueil vide.
19 septembre
Afin d'arriver à mentir à autrui, il faut apprendre à se mentir à soi-même. On répétera souvent les phrases suivantes :
Je suis rempli(e) de bonté.
Je suis en bonne santé.
Je suis serein(e).
Je suis heureux(se).
Pas facile, n'est-ce pas ?
20 septembre
Lorsque vous antiméditez, invitez-vous à ressentir la haine de soi, l'humiliation, l'orgueil, la haine de l'ordure que vous êtes parfois dans vos rêves.
21 septembre
Si de la souffrance ou de la colère apparaissent, tâchez de les utiliser au plus vite contre ceux qui vous font souffrir, contre ceux qui sont la cause de votre colère. Ce sont eux les responsables de leur propre châtiment dont vous vous ferez l'instrument afin d'éveiller et d'ouvrir leur coeur.
22 septembre
La lucidité envers nous-mêmes et notre condition, nous donne le pouvoir de transformer l'abattement en révolte, la résignation en enthousiasme et la timidité en courage.
23 septembre
Il faut précéder le troupeau pour éviter la poussière, mais à condition de faire route contre le vent.
24 septembre
Je m'enlaidis pour éviter la tentation, je t'ai choisie laide pour éviter la jalousie.
25 septembre
Dès qu'une femme et un homme se trouvent désunis, c'est à chaque instant qu'ils doivent rechercher quelqu'un d'autre pour vérifier et recommencer leurs erreurs.
26 septembre
Le changement est dangereux, particulièrement en amour. Les goûts et les plaisirs résistent parfois au changement jusqu'à la rupture.
27 septembre
Notre besoin de solitude est fondé sur une première expérience intra-utérine que les jumeaux ne peuvent comprendre.
28 septembre
La confiance mutuelle est une forme particulière de "l'être seul parmi les autres sans trop peur".
29 septembre
Il ne s'agit pas de supporter l'état de choses, mais de s'attacher à ce qui nous convient et de tenter de changer tout le reste.
30 septembre
Si jamais on confond votre combativité énergique avec de l'agressivité, expliquez à votre interlocuteur comme il est difficile de survivre avec l'ambition de se différencier du légume.
