10 novembre 2009

Comment résister à l'irrésistible ?

sarkomurQuand le camarade Erich Honecker, au matin du 9 novembre 1989, décrocha son téléphone et entendit la voix d'un haut responsable de la Stasi lui annoncer qu'un certain Monsieur Nicolas Sarkozy venait de sortir du BHV de Paris avec en poche un petit burin et un petit marteau, et s'apprêtait à gagner Orly afin de se rendre le plus vite possible à Berlin, il savait que les carottes étaient cuites.
Il reposa le combiné avec une lenteur qui l'exaspérait lui-même, mais c'était ça ou le laisser tomber carrément, tellement il se rendit compte que le moment qu'il était en train de vivre était aussi extraordinaire qu'effrayant. Ce petit bonhomme, qu'il surveillait depuis tant d'années, ce petit bonhomme dont une diseuse de bonne aventure lui avait prédit la venue, un soir d'hiver dans l'arrière-salle d'un bouge de Leipzig quand il n'était encore qu'un petit agent de la sécurité d'état, alors que le mur n'était même pas encore construit, ce petit bonhomme s'était donc mis en route aujourd'hui.
Enfin, après avoir poussé un grand soupir dans l'intimité de son bureau au souvenir d'un entretien avec le grand frère Gorbatchev qui avait lâché dans un hochement de tête : "Le jour où ce petit bonhomme décide de passer à l'action, même tous les chars de l'armée rouge n'y pourront rien ...", le camarade Erich Honecker appela son ordonnance et lui demanda d'une voix anormalement douce : "Bringen Sie mir doch bitte eine grosse Schachtel, damit ich anfangen kann meine persönlichen Sachen zusammenzuräumen." *)

*) Apportez-moi, s'il vous plaît, une grand boîte en carton, afin que je puisse commencer à ranger mes affaires personnelles.

Posté par Parkane à 17:48 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires sur Comment résister à l'irrésistible ?

    pioche

    c'est depuis cette époque qu'il pioche a tout bout d'champs, dans la caisse, dans nos poches, dans celles de l'état.
    "Casse toi p'ove con" disait-il a ce mur récalcitrant

    Posté par mango, 10 novembre 2009 à 21:47 | | Répondre
  • Le soleil d'Austerlitz.

    Comment par ce froid, ne pas rappeler cette rubrique du canard : « le mur du con » décernée à ceux qui dans la semaine perce neige au soleil.
    Ceci dit notons pour « eine grosse Schachtel » que les allemands conçoivent tout en grand , à commencer par eux, et leurs peurs. Nous c’est l’admiration qui est grande , mais elle est proportionnelle à notre arrogance et à notre raillerie , n’est il pas ?
    (Merci pour la traduction mais « Zusammenzuräumen » reste obscur. Vouliez vous dire « à la façon de Linda dé Suza ? » étonnant pour Erich non ?)

    Posté par ouanda, 11 novembre 2009 à 13:51 | | Répondre
  • Unter den Linda

    Ne pas confondre "zusammenräumen" dans le sens de rassembler et "aufräumen" dans le sens de faire le ménage.
    Monsieur Honecker avec un plumeau et une valise en carton, belle image, mais passablement irréaliste.

    Posté par parkane, 11 novembre 2009 à 14:06 | | Répondre
  • Dèche à l'allemande au pied du mur

    Une manière de variante de ma proposition du lundi 9 novembre 2009, en attendant celle du 16...
    http://bit.ly/37HL7H

    Posté par Le Boeuf Qui Ple, 12 novembre 2009 à 02:41 | | Répondre
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