veloEn nous soumettant jour après jour à un flot d'informations et de fictions qui, du drame individuel à la catastrophe humanitaire, nous sert tout l'éventail des souffrances humaines possibles en nourrissant ainsi notre inquiétude et par conséquent notre demande de sécurisation, de protection et de prise en charge, nous avons acquis de notre monde une représentation bien noire.
Nous avons l'impression d'être des boules de flipper en mie de pain, victimes de la lutte sans répit ni quartier entre le bien policier et le mal violent qui nous agresse jusqu'au plus profond de nos rêves agités.

Alors qu'il existe dans cet univers pitoyable encore quelques havres de paix où les gardiens du même nom ne sont pas encore harassés par la chasse incessante au dealer rusé, éreintés par la traque de l'assassin sournois et épuisés par les quotas de sans-papiers à rafler.
Oui, dans la banlieue de Bordeaux, dans la charmante commune de Floirac, à l'abri de cette délinquance dont on nous parle à la TV, la police est restée proche de la population, elle trouve encore le temps de partager ses petits soucis de la vie quotidienne, de régler les petits problème de voisinage, elle est encore à l'écoute, disponible, au service des gens, plutôt qu'au service des statistiques.
La preuve, il a suffi qu'une brave mère de famille ait cru reconnaître le vélo qu'on avait volé à son fils pour que les policiers se déplacent en groupe d'une demi-douzaine pour arrêter les deux enfants soupçonnés, 6 et 10 ans, à la sortie de l'école primaire.
On ne peut qu'être envieux des citoyens de Floirac, ils habitent un endroit paradisiaque.

Les deux enfants sont innocents et peut-être un peu choqués, soit, mais nous pouvons être certains qu'ils comprendront plus tard que de laisser passer un petit larcin ouvre grand la porte du crime organisé et ils ne voudront certainement pas que leur petite ville devienne un enfer comme tant d'autres.