Vous ne nous en voudrez pas de revenir sur cette question d'actualité pénible, mais nous nous rendons compte qu'il nous est difficile de ne pas nous sentir concernés par le sort d'une institution à laquelle nous devons les plus grandes frayeurs de notre enfance.
Après une nuit sans sommeil, nous avons donc décidé de retourner notre veste et de publier le manifeste suivant :

capoteArrêtons de couper les capotes en lamelles et admettons-le sans hypocrisie :
Le pape a raison !

Le méthode la plus sûre pour ne pas être contaminé par le VIH, c'est l'abstinence. Ceux qui diraient le contraire sont des menteurs, car même dans une relation conjugale, bâtie sur la fidélité, il est impossible d'avoir confiance à cent pour cent.
Suivons donc le raisonnement scientifique du pape, et arrêtons de le prendre pour un obscurantiste d'un autre âge.
Tout d'abord, dans un pays où une partie de la population est porteuse du virus, - aujourd'hui tous les pays du monde -, les personnes qui pratiquent l'abstinence, que ce soit pour des raisons religieuses ou par peur d'être infectée, sont forcément sensibilisées plus que d'autres à la problématique du sida. Cela aussi en partie grâce au travail des papes. Quand il arrive à une personne appartenant à ce groupe d'abstinencistes de se laisser aller, exceptionnellement, à un rapport sexuel, on peut être certain qu'elle se protègera plutôt deux fois qu'une et ne courra pratiquement aucun risque d'être contaminé. Par conséquent, plus il y aura d'abstinencistes, même avec une résistance à la tentation à taux variable, moins il y aura de contaminations.
En bref, la trithérapie vaticanique, dite des 3P, qui associe "Peur de la maladie", "Peur de la mort" et "Peur de l'enfer", ne peut apporter que les plus grands bienfaits à la population.

Regardons maintenant comment cela se passe dans la population non-abstinenciste, celle à qui on a fait croire que le préservatif était le moyen le plus efficace pour faire reculer le fléau, tout en laissant libre cours à ses instincts dans une course aux plaisirs aussi effrénée que pathétique.
Sachant qu'un préservatif peut être défectueux, peut être mal mis, peut glisser, peut être introuvable, peut être trop cher et peut craquer, sans même parler de l'oubli éthylique et du refus assassino-suicidaire, il est statistiquement irréfutable, que la multiplication des rapports, même avec l'intention de se protéger, multiplie également, non seulement le risque, mais le nombre réel des accidents et des contaminations qui en résultent.
De là à penser que, sans le préservatif et le relâchement de moeurs qu'il semble provoquer sinon permettre, la majeure partie de ces rapports sexuels accidentés, n'auraient même pas eu lieu, il n'y a qu'un pas que la science papale a eu absolument raison de franchir.

Ce qui est incompréhensible, en revanche, c'est que le souverain pontife n'ait pas été jusqu'au bout de la logique dont il a lui-même mis en branle, voire en évidence les rouages, logique qui demanderait l'interdiction pure et simple du préservatif par un vote à l'ONU, - quitte à sacrifier quelques abstinencistes faibles sur l'autel de la vertu.
Les fornicateurs et fornicatrices de tous poils et de tous bords n'auront de toute façon que ce qu'ils méritent, - pour le plus grand bonheur des actionnaires des laboratoires pharmaceutiques.