09 février 2009

Le clown blanc

Je suis le clown blanc de la dialectique
avec un oeil qui rit, un oeil qui pleure
La bouche tordue de mépris
je montre les dents
et quand on me parle
- je me tais

Je suis le voleur de pommes
sur le marché de l'utopie
Les poches remplies de paillettes
j'ai peur
et quand on me tient
- je sors le porte-monnaie

Je suis l'amant narcissique
une main qui prend, une main qui fait semblant
Le corps tordu de violence
je trahis mes désirs
et quand on me fait l'amour
- je crois jouir

Je suis l'artiste pragmatique
avec mes angoisses, mes compromissions
La tête remplie de rêves
je cache ma folie
et quand on m'aime
- je m'enfuis

Je suis le vieillard mystique, l'enfant désabusé
un pied dans les étoiles, un pied dans la matrice
la grimace figée de remords
je n'ai plus de vérité
et en attendant la vie
- je crie

Posté par Parkane à 11:03 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires sur Le clown blanc

  • De texte.

    Rythme syncopé:
    Tordue, remplie, tordu, remplie - figée
    Crise de foi(e) ou révélation boudhique finale ?
    connotations et rejets :
    je montre les dents - mépris
    j'ai peur - : paillettes
    je trahis mes désirs - : amour
    je cache ma folie - : aimer
    je n'ai plus de vérité - : vie
    Le clow blanc dialecticien peut être aussi un rhéteur, mais sa thése est bien sombre.

    Posté par ouanda, 09 février 2009 à 11:38 | | Répondre
  • Ce texte a été écrit, il y a plus de vingt-cinq ans, au milieu d'un automne ardèchois un peu difficile, par le jeune homme que j'étais alors et à qui j'avais envie de rendre visite ce matin en votre compagnie. Et je trouve qu'il se porte assez bien, finalement.

    Posté par parkane, 09 février 2009 à 12:11 | | Répondre
  • Je dirais tout simplement HUMAIN ! A+

    Posté par valériane, 10 février 2009 à 07:46 | | Répondre
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